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Sur Fanon

  • Sous la direction de Bernard Magnier

    De Fort-de-France, de Pointe-à-Pitre ou de Port-au-Prince, du Connecticut, de Montréal ou des Comores, de Paris ou de Marseille, de Johannesburg ou de Tunis, de Rabat ou d’Alger, ils ont écrit… Sur Fanon.

    Plus de cinquante ans après la disparition de l’auteur de Peau noire masques blancs, né antillais en 1925 et mort algérien en 1961, une trentaine d’écrivains et artistes ont mêlé leurs mots pour dire la place que l’homme et son oeuvre ont occupé dans leurs parcours d’écriture, dans leurs itinéraires de femmes et d’hommes.

    Sans concertation mais dans une même complicité, ils nous plongent, à notre tour, dans «la morsure du mot» dans «le vertige du point d’interrogation.»

    Bernard Magnier

    AUTEURS :
    Kaouther Adimi, Mohammed Aïssaoui, Alfred Alexandre, Jacques Allaire, Kebir Ammi, Tahar Bekri, Yahia Belaskri, Souâd Belhaddad, Lamia Berrada-Berca, Patrick Chamoiseau, Gerty Dambury, Jean Durosier Desrivières, Bios Diallo, Soeuf Elbadawi, Nathalie Etoké, Romuald Fonkoua, Gyps, Salim Hatubou, Mustapha Kharmoudi, Dominique Lanni, Danièle Maoudj, Valérie Marin La Meslée, Bernard Magnier, Daniel Maximin, Arezki Metref, Fiston Mwanza Mujila, Makenzy Orcel, Khaled Osman, Raharimanana, Rodney Saint-Éloi, Sunjata, Véronique Tadjo. 


    Chronique     17,50 $     144 pages     978-2-897123-57-4

    Disponible en format numérique


    Introduction

    Frantz Fanon ! Le nom claque comme un cri.

    Né Martiniquais en 1925 et mort Algérien en 1961, ce médecin-psychiatre militant mit sa parole en actes et s’en- gagea, très tôt, dans la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale puis aux côtés des combattants du Front de libération nationale (FLN) pendant la guerre d’Algérie… Essayiste étudié, loué et célébré, il a inspiré plusieurs générations d’intellectuels et d’activistes révolu- tionnaires ; il est aussi cet « inconnu célèbre », oublié, rejeté ou condamné, à la fois sur sa terre natale, par la métropole et dans l’Algérie de l’indépendance.

    Peau noire, masques blancs, Les Damnés de la Terre, L’An V de la Révolution algérienne, ses titres phares transcendent les combats et demeurent une réflexion d’une pertinente actualité, une plongée salutaire au cœur du préjugé, du processus colonial, de l’aliénation et de ses ressorts. Avec lui, pas de «mission nègre», pas de «fardeau blanc», pas de haine et pas de reconnaissance, pas de mépris et pas de merci.

    Il est de ces auteurs qui allient la détermination de l’en- gagement, l’intelligence du doute, la réhabilitation d’un humanisme débarrassé de ses oripeaux bien pensants.

    Il est de ces écrivains souvent associés à l’un de leurs livres, témoins et acteurs d’une Histoire dont ils ont tenté d’infléchir le cours.

    Il est de ces auteurs rares qui bouleversent et questionnent, telles des vigies, puissantes et dérangeantes, lucides et subversives, dont les livres sont de ceux que l’on ne referme jamais tout à fait.

    Plus de cinquante ans après sa mort, une trentaine d’écrivains et d’artistes ont mêlé leurs mots pour dire la place que l’homme et son œuvre ont occupée dans leurs parcours d’écriture, dans leurs itinéraires de femmes et d’hommes.

    Sollicités à l’occasion de la représentation des Damnés de la Terre, spectacle de Jacques Allaire présenté au Tarmac à Paris en novembre et décembre 2013, ils ont répondu à la demande qui leur était faite, exprimer leur relation à l’homme, à son itinéraire et à son œuvre selon trois axes de réflexion parmi d’autres possibles :

    – Fanon aujourd’hui: un regard sur l’actualité de la pensée, sur sa présence/son absence ;

    – Fanon… j’écris ton nom : une forme de salut à l’importance de l’œuvre et/ou à la démarche du militant ;

    – Fanon et vous : autour de la rencontre/de la découverte de l’œuvre, de sa place dans l’itinéraire de chacun.

    Ainsi de Fort-de-France, de Pointe-à-Pitre ou de Port-au-Prince, du Connecticut, de Montréal ou des Comores, de Paris ou de Marseille, de Johannesburg ou de Tunis, de Rabah ou d’Alger, ils ont écrit… Sur Fanon.

    Sans concertation mais dans une même complicité, les mêmes références reviennent avec une lancinante vigueur, nous plongeant, à notre tour, dans «la morsure du mot», dans « le vertige du point d’interrogation ».

    Bernard Magnier
    Conseiller littéraire du Tarmac
    Directeur du recueil


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