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La pensée blanche

  • Lilian Thuram

    Ce livre revisite certains pans de l’histoire : les conquêtes coloniales, l’esclavage, les empires, le Code Noir, l’instrumentalisation de la science et de la religion, la post-décolonisation et le pillage des ressources naturelles, le vol du patrimoine africain… Il examine les mécanismes intellectuels invisibles qui assoient la domination des Blancs. Il désigne le racisme ordinaire de nos sociétés, tissé d’une succession de petits faits parfois connus, parfois pas du tout : joueurs de football noirs accueillis par des cris de singe, discriminations à l’embauche, contrôles policiers au faciès, politique de « quotas » des minorités…

    Extrait

    Un jour, je demande à mon plus ancien ami :
    — Pierre, tu as bien conscience que moi, je suis noir ?
    — Ouais.
    — Mais si moi, je suis noir, toi, tu es quoi… ?
    — Ben, je suis normal.
    Ce drôle de mot, « normal », a été pour moi comme un détonateur. J’ai réalisé brutalement que les Blancs ne se voient pas blancs et, plus largement, qu’ils n’ont pas conscience de la position de domination dans laquelle l’histoire les a placés. Pourtant, quand on leur demande : « Est-ce que vous aimeriez être traités comme la société traite les personnes noires ? », tous sans exception répondent : « Non. » C’est bien qu’ils savent. Mais que savent-ils vraiment ? Et pourquoi l’acceptent-ils ?

     

    Point de vue de l’auteur Lilian Thuram

    « Ce n’est pas un livre anti-Blancs. Il entend participer à sa manière à la libération des esprits pour que nous puissions un jour dépasser les couleurs de peau, pour finir par nous considérer comme ce que nous sommes : des êtres humains ».

     

    Né en Guadeloupe en 1972, Lilian Thuram a connu une carrière prestigieuse de footballeur international : champion du monde en 1998, champion d’Europe en 2000, vice-champion du monde en 2006, ainsi que de nombreux titres en club. Lilian Thuram est l’auteur de Mes étoiles noires (Éditions Philippe Rey, 2009) et a mis en place la Fondation Lilian Thuram dont la mission est l’éducation contre le racisme.

     


     

    Essai     978-2-89712-731-2     29,95$     320 pages

    21 octobre 2020 (Québec)
    France et autres territoires: Éditions Philippe Rey

    Bientôt disponible en format papier et numérique

     



    Ce que la presse en dit

    Immense footballeur, recordman des sélections en équipe de France (142), champion du monde en 1998, champion d’Europe deux ans plus tard, vainqueur de nombreuses coupes avec le Parme AC, la Juventus de Turin ou le FC Barcelone, Lilian Thuram traite depuis 2008 ces problématiques au quotidien dans le cadre de sa fondation. Son but ? Lutter contre le racisme par le biais de l’éducation, notamment dans les écoles, à travers des livres et des expos.

    Ultra documenté, fluide et précis, passionnant, La Pensée blanche, son dernier essai, porte sa réflexion plus loin encore. Pour expliquer l’aujourd’hui, Thuram, 48 ans, y revient sur la hiérarchisation raciale, de la découverte de l’Amérique au début du XXe siècle. Dans l’hystérie actuelle sur ces questions, sa parole, apaisée, tranche. Et prouve qu’entre la négation des uns et la demande de repentance des autres existe une troisième voie. Elle appelle à(re)connaître et à dire l’histoire de la domination des peuples non plus du seul point de vue des puissances occidentales. Pour enfin passer à autre chose.

    Yasmine Youssi, Télérama

     

    Vous parlez dans le livre de racisme systémique. Les mêmes débats ont lieu partout. Au Québec, en ce moment, le gouvernement refuse de reconnaître qu’il existe du racisme systémique. Pourquoi, à votre avis, les politiques refusent-ils d’admettre ce qui semble être une évidence ?

    C’est une bonne question. Je pense qu’ils se disent que reconnaître le racisme systémique, c’est montrer du doigt la majorité. C’est pour ça que je dis que les catégories liées à la couleur de peau sont des constructions politiques et idéologiques pour diviser et mieux régner sur les gens. Nous n’avons pas conscience de la profondeur et de la proximité historiques du racisme. Nous portons en chacun de nous des stigmates de cette hiérarchie qui a été créée entre les gens. Si l’on admet que le racisme systémique existe, on admet qu’il faut changer sa façon de faire et de penser. Les gens n’aiment pas se sentir culpabilisés. « Si tu me culpabilises, tu n’auras pas mon appui ! » Alors que le racisme est quelque chose de diffus dans notre société, comme peuvent l’être le sexisme ou l’homophobie. C’est quelque chose de l’ordre de l’inconscient et de l’intime. Vous ne pouvez pas échapper à des siècles de hiérarchie où l’on a construit l’idée qu’être blanc serait mieux. Nous devons nous questionner sur ces préjugés-là. Si nous avons le courage de nous regarder dans le miroir, nous allons voir que c’est une évidence que le racisme est présent dans nos systèmes. En France, quand vous parlez de racisme, on a tendance à vous renvoyer à l’histoire américaine…

    Extrait entrevue de Marc Cassivi La Presse

     

    L’idée de mon livre La pensée blanche, c’est de prendre conscience de cette construction idéologique, de cette construction politique, pour sortir de ces identités parce qu’encore aujourd’hui, nous utilisons les catégories liées à la couleur de la peau, mais nous ne connaissons pas l’histoire de ces catégories et lorsque vous la connaissez, que vous avez compris que, historiquement, le racisme a toujours été à l’heure pour envoyer les gens à la confrontation. C’est une invitation à sortir de cette prison identitaire où l’histoire nous a enfermés. 

    Entrevue avec Lilian Thuram, Plus on est de fous, plus on lit.


    septembre 14th, 2020 | admin | Commentaires fermés sur La pensée blanche |

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